Adobe arrive à Las Vegas avec une feuille de route et une formule choc : « Les humains dirigent, l’IA exécute. » Derrière la mise en scène, c’est une réalité de marché brutale que le géant du logiciel créatif tente d’affronter. Son titre a perdu 30 % depuis le début de l’année. Ses revenus liés à l’IA ne dépassent pas 2 % du chiffre d’affaires. Et ses concurrents ne sont plus seulement Figma ou Canva : ce sont désormais Anthropic, OpenAI et Google qui taillent directement dans ses parts de marché.
La stratégie qu’Adobe présente repose sur une plateforme d’agents baptisée « CX Enterprise », conçue pour automatiser les ventes, le marketing et la relation client. Au centre du dispositif, un super-agent orchestre la collaboration entre plusieurs agents spécialisés pour atteindre un objectif métier défini par un humain. L’exemple présenté sur scène est parlant : une équipe marketing souhaitant augmenter ses ventes croisées de 3 % soumet son objectif, le super-agent propose un plan de campagne, l’humain valide, l’IA exécute. La plateforme s’intègre à une trentaine de solutions déjà utilisées par les clients d’Adobe, dont celles d’Amazon, Microsoft, Anthropic et OpenAI.
Mais ces efforts peinent à convaincre. Car le problème d’Adobe est plus structurel que technologique. Stéphane Roder, CEO du cabinet de conseil en stratégie Data & IA AI Builders, pose le diagnostic avec précision : « Avec l’avènement d’assistants qui pilotent directement les logiciels, les solutions d’Adobe sont rendues invisibles. » Il ajoute que les entreprises découvrent qu’elles peuvent accéder à des fonctionnalités équivalentes pour bien moins cher, en n’utilisant en réalité que 5 à 10 % des capacités des suites logicielles auxquelles elles sont abonnées. C’est précisément ce glissement que les agents IA accélèrent : en s’intercalant entre l’utilisateur et le logiciel, ils rendent la couche applicative interchangeable.
Ce que la crise Adobe révèle pour les entreprises clientes, et comment AI Builders les accompagne
C’est précisément ce que nous observons chez nos clients lors de nos missions de Transformation des processus par l’IA et l’IA Agentique. La question n’est plus « quel logiciel acheter ? » mais « quels processus refondre, et avec quels agents ? » Pour les organisations qui s’interrogent sur leur stack applicatif face à la montée en puissance des agents, AI Builders a structuré une approche dédiée qui permet d’identifier où agir en priorité sur la chaîne de valeur, d’évaluer cas d’usage par cas d’usage le potentiel de remplacement ou d’augmentation par l’IA agentique, puis de cadrer opérationnellement le déploiement avec un business case et un plan de déploiement concret.
Les résultats observés chez nos clients illustrent l’ampleur des gains possibles quand la refonte de processus est réellement ancrée dans les réalités métiers : 300 % de gain de productivité en achats, 55 % d’automatisation des appels téléconseillers sur 500 000 demandes par an, 700 % de productivité RH. Des chiffres qui donnent la mesure de ce que la transition vers l’IA agentique représente, non pas comme une menace abstraite, mais comme une opportunité de réallocation massive de la valeur.
La crise d’Adobe n’est que le symptôme visible d’une recomposition bien plus large de l’écosystème logiciel. Les organisations qui anticiperont cette recomposition, en identifiant dès maintenant quels processus confier à des agents et lesquels garder dans un logiciel classique, prendront une avance décisive sur celles qui attendront que la disruption frappe à leur porte.
Retrouvez l’article entier rédigé par Par Keren Lentschner dans Le Figaro juste ici :